Artistes et expositions·Réflexions transverses

Lars Lerin, poète des couleurs

Lars Lerin fait partie de ces artistes scandinaves qui retranscrit la magie des paysages qu’il découvre au gré de ses voyages : le Värmland, bien sûr, mais aussi l’Arctique, l’Antarctique, la Sibérie, l’Islande, l’Écosse, Les Iles Féroé, l’Inde, l’Égypte et l’Iran.

Lars Lerin est né en Suède, dans le Värmland en 1954. Une galerie d’art lui est d’ailleurs consacrée, dans la ville de Karlstad depuis 2013. J’ai eu le bonheur de visiter le Sandgrund,  lieu atypique qui est également un restaurant et une salle de concert. L’art fait ici intimement partie de la vie, tout comme la nature fait partie intégrante d’une ville suédoise.

Le Sandgrund expose de manière permanente les œuvres les plus représentatives de l’artiste. On y découvre principalement des aquarelles monumentales où l’on ne peut que tomber en admiration devant une telle maîtrise de cet art si délicat. Le travail autour de la lumière et des ombres nous plonge dans un univers poétique où les émotions nous submergent et nous emportent vers d’autres mondes oniriques.

La particularité du parcours de ces œuvres au Sandgrund est qu’il y a très peu d’informations : pas d’explications concernant un quelconque lieu et très peu de dates de création. Le visiteur est également invité à aller où il veut et à penser ce qu’il veut du moment qu’il est là pour ressentir. L’émotion et la liberté constituent ainsi l’œuvre.

Lars Lerin est un artiste prolifique qui a été exposé en Europe et aux Etats-Unis. Il est l’auteur de plus de 50 livres présentant son travail, pour la plupart sous forme de carnets de voyage, et expose régulièrement des nouvelles aquarelles au Sandgrund. On peut également découvrir d’autres aquarelles monumentales de l’artiste dans l’Université de Karlstad, à côté de la bibliothèque. L’art de Lars Lerin s’inscrit ainsi dans des lieux de vie pour qui veut bien le voir.

L’artiste excelle dans l’aquarelle mais pratique également la peinture à l’huile ou encore le graphisme. Il n’hésite d’ailleurs pas à ajouter du texte sur ses aquarelles quand les espaces vides lui semblent trop importants : ses propres mots valorisent ainsi graphiquement l’aquarelle. L’écriture est pour lui comme un journal intime : il écrit ce qu’il lui vient dans l’instant, face à l’œuvre, tel qu’il ressent les choses. Intuition et créativité font ainsi sa force.

J’ai vraiment été touchée tant par la maîtrise de l’aquarelle que par la beauté qui en émane, que par l’approche que Lars Lerin en a. L’art est son quotidien et résulte d’un besoin de créer, d’un besoin incessant dont on subodore l’importance vitale. Il donne à voir la manière dont il perçoit le monde avec finesse, poésie et sans détour. Ses aquarelles portent en elle une vérité brute : une vérité à lui qu’il ne cherche pas à cacher ni à dissimuler derrière une quelconque théorie esthétique. Seules la contemplation et l’émotion importent, tout comme on s’extasierait devant la force évocatrice de la nature. La manière dont Lars Lerin donne à voir ses œuvres au public est généreuse : il ne donne aucune directive dans l’appropriation de ses œuvres. Une fois qu’il les montre, chacun a le droit d’en faire ce qu’il veut et d’y voir ce qu’il a envie d’y voir.

Pour découvrir plus d’œuvres : GALLERI

Cet article a déjà fait l’objet d’une publication sur mon autre blog « Lucie au pays des lutins » consacré à la découverte de la Suède et aux questions d’interculturalité.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s